
Mon enfant manque de confiance en lui : l'accompagner au quotidien

Alicia Hainault-Ternoir
Praticienne en psychopédagogie positive · Baugé-en-Anjou
Quand votre enfant n'ose pas ou se dit « nul »
Votre enfant reste silencieux quand on l'interroge en classe. Il ou elle répond « je n'y arrive pas » avant même d'avoir essayé, ou se compare aux autres en se trouvant « nul ». Vous ne savez pas toujours quoi dire, par crainte de mal faire.
Beaucoup de parents se posent ces questions. Nous vous proposons ici quelques repères simples, issus de notre pratique en psychopédagogie positive.
Ce que vous pouvez observer
Chaque enfant est différent. Voici des situations que les parents nous décrivent souvent :
- votre enfant hésite à lever la main ou à prendre la parole en groupe ;
- il ou elle évite les nouvelles activités par peur de se tromper ;
- des phrases dévalorisantes reviennent (« je suis nul », « je n'y arriverai jamais ») ;
- il ou elle cherche souvent votre approbation avant d'agir ;
- il ou elle abandonne vite quand une tâche se complique.
Ces éléments ne constituent pas un diagnostic. Ce sont simplement des repères pour mieux comprendre ce que votre enfant vit.
L'écoute, un point de départ
Quand un enfant se dévalorise, le réflexe est souvent de le rassurer vite : « Mais non, tu n'es pas nul ! ». Certaines personnes trouvent qu'écouter d'abord, sans corriger, peut contribuer à ce que l'enfant se sente compris. Il peut alors plus facilement mettre des mots sur ce qu'il ressent.
Exercice : 10 minutes d'écoute attentive
- Choisissez un moment calme, sans écran, et installez-vous à la hauteur de votre enfant.
- Posez une question ouverte : « Qu'est-ce qui a été le plus difficile aujourd'hui ? »
- Après sa réponse, comptez 5 secondes de silence avant de relancer. Ce temps laisse à votre enfant la place de poursuivre.
- Reformulez en une phrase : « Si je comprends bien, tu as eu peur que… »
- Évitez « mais » et « il suffit de » pendant ces 10 minutes.
Vous pouvez essayer 2 à 3 fois par semaine, à votre rythme. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse : l'objectif est simplement de créer un espace où votre enfant se sent entendu.
Valoriser ses talents sans mettre la pression
Aider un enfant à se construire une image de soi plus positive passe aussi par le regard que nous portons sur ce qu'il fait. Il ne s'agit pas de multiplier les compliments, mais de rendre visibles ses efforts et ses qualités réelles.
Féliciter l'effort plutôt que le résultat
Un « Bravo, tu es doué ! » fait plaisir, mais il peut laisser l'enfant craindre de décevoir à la prochaine difficulté. Décrire ce que vous avez observé est souvent plus parlant :
- « J'ai vu que tu as recommencé trois fois ce puzzle. »
- « Tu as pris la parole devant ta tante, même si c'était difficile. »
- « Tu as aidé ton petit frère sans qu'on te le demande. »
Ces remarques précises peuvent contribuer à ce que l'enfant repère lui-même ce qu'il sait faire.
Repérer et nourrir ses talents
Tous les enfants ont des domaines où ils se sentent à l'aise : dessin, bricolage, sport, attention aux autres, humour, curiosité pour les animaux. Proposez-lui de petites responsabilités adaptées à son âge, comme choisir le menu d'un repas ou préparer un jeu pour la famille.
Une erreur n'est pas un verdict. C'est une étape que votre enfant peut traverser avec vous à ses côtés.
Quand votre enfant se trompe, vous pouvez partager vos propres essais ratés : « Moi aussi, j'ai mis du temps à y arriver. » Cela montre qu'apprendre prend du temps pour tout le monde.
Exercice : les trois petites réussites du soir
- Au moment du coucher, prévoyez 5 minutes au calme.
- Invitez votre enfant à citer trois choses de la journée : une réussite, un effort, un moment agréable. Tout compte, même petit.
- Si rien ne vient, proposez-en une que vous avez remarquée, avec la formule « J'ai vu que tu… ».
- Citez ensuite vos propres trois choses : l'exercice devient un rituel partagé.
- Poursuivez pendant une semaine, puis observez ce que vous ressentez l'un et l'autre.
Certaines familles trouvent que ce rituel apporte un moment de proximité. Si votre enfant n'a pas envie un soir, pas de souci : vous pourrez le reprendre le lendemain.
Quand consulter ?
Il est normal qu'un enfant manque de confiance à certaines périodes : rentrée, changement d'école, déménagement. Mais si vous reconnaissez votre quotidien dans ce qui suit, il peut être utile d'en parler à un professionnel :
- les phrases dévalorisantes reviennent presque chaque jour ;
- votre enfant évite l'école, les amis ou les activités qu'il ou elle aimait ;
- la parole en groupe est vécue comme une vraie épreuve ;
- vos échanges à la maison tournent autour de la peur de mal faire.
En tant que praticienne en psychopédagogie positive, nous vous accompagnons à Baugé-en-Anjou en proposant un espace d'écoute bienveillant. Nous aidons votre enfant à repérer ses points forts et nous vous donnons des pistes concrètes pour le quotidien. Notre approche est éducative : elle ne remplace pas un avis médical.
Si vous avez un doute sur le bien-être de votre enfant, consultez un professionnel de santé qualifié (médecin traitant, pédiatre ou psychologue). N'hésitez pas non plus à échanger avec l'équipe éducative de l'école. Nous pouvons ensuite construire ensemble un accompagnement adapté à votre enfant et à votre famille.